Another letter from Michel Terrapon provides further background and details:
Fribourg, ce 5 septembre 1961 Mon Cher Brian, Mille mercis pour ta lettre et tes confidences. Merci aussi de m’avoir fait don de ton amitié ; c’est un geste qui t’honore et contente mon cœur. Peut-être as-tu été déçu de ne pas recevoir ma lettre plus tôt. Ces vacances on laissé la tienne en souffrance, si bien que je n’en ai eu connaissance qu’il y a peu temps. Tes confidences sur les ennuis de la Villa St-Jean ne m’ont pas étonné, tant elles sont conformes à l’atmosphère que nous y avons connue aussi, mes collègues et moi. J’espère cependant qu’elles ne suffiront pas à ternir d’autres souvenirs plus agréables. Je te dirai simplement que de tel procèdes ne peuvent que t’honorer, puisque tu as su y faire face, en homme, a la façon de ton St-Exupery. Quant à moi, je ne retournerai plus à la Villa. Tout est terminé, si bien que j’ai rompu tout contact, fors le mépris. Je suis appelé au collège de St-Maurice, en Valais, ou un bâtiment tout neuf abritera 800 élèves. On m’y confie des cours très intéressants, soit le grec dans diverses classes et le latin et le français en classes préparatoires au baccalauréat. C’est plus que je n’en pourrais souhaiter à mon âge. De plus, j’y continuerai à donner des cours de céramique et d’émaillage. Une page, douloureuse, de ma vie est tournée. Pourquoi douloureuse ? Des le début de l’année passée, avec la venue du « Crapaud magnifique », j’ai vu mon horaire amputé de 4 heures qui avaient été confiées a Monsieur Brégler. Cela signifiait pour moi une perte d’environ 2.000 fr. suisses, perte d’autant plus sensible que j’ai une famille de deux enfants. Je me suis acharné à réclamer mon droit, parce que nous avions, tous les professeurs laïques, un contrat qui interdisait pareille pratique. Comme je ne voyais rien venir, j’ai du me résigner à donner une telle quantité de leçons particulières que certains jours je devais travailler jusqu’a treize heures, parfois plus, pour arriver a tout terminer—classe, corrections et préparations--. Quelle vie infernale ! A Noel, j’ai retrouve les 4 heures précitées, mais perdu deux nouvelles heures, malgré toutes mes protestations. Mes collègues se sont vus aussi victimes de procédés aussi mauvais. Monsieur Ficatier a quitte Fribourg pour Vevey, au bord du Lac Léman. Mlle Devid, tu sais, a choisi l’Amérique, d’autres enfin sont partis a leur tour, sauf Monsieur Aeby, provisoirement. Quant à moi, j’ai intenté un procès à la Villa St-Jean, procès terminé le 29 juin déjà, dernier jour de l’année scolaire, pour essayer de retrouver 1.500 fr. que j’avais finalement perdu, selon notre contrat. Et bien, ce procès, je l’ai perdu. Tu dois trouver pareille issue bien absurde ! C’est que d’une part, a Fribourg, tout est passé sous la domination de la soutane, tout, la politique, le commerce et même la Justice. On n’y a jamais encore vu un curé perdre un procès. Que j’ai été téméraire d’attaquer des curés à Fribourg, idéaliste que j’étais ! Mais il y a mieux. Le « Crapaud » et sa clique ont aidé la Justice à s’aveugler. Un marianiste de Paris, que je n’avais jamais vu, est venu affirmer devant les Juges qu’il serait venu chez moi en janvier avec Andlauer-crapaud et qu’alors j’aurais refusé du travail. Ma colère ne m’a plus contenu. Le lendemain matin, j’avais encore ma classe de 3e, dont tu étais absent ; j’ai alors mis tous tes camarades au courant de la situation et leur ait dit ce que je viens de t’écrire. Mieux ! J’ai accuse le crapaud a haute et rageuse voix dans les couloirs. Puis je me suis allé abrutir le crapaud dans son bureau tout neuf, bureau rénové avec l’argent volé au prix d’un faux témoignage !!! Voila ce que tous mes élèves n’auraient jamais imagine. Voila ce qui t’expliquera pourquoi ils agissaient envers toi comme tu me l ‘as dit. Mon cher Brian, retiens de ce récit que toujours, comme St-Ex, il vaut mieux faire confiance a l’homme, sans retenir quoi que ce soit de son habit, de sa profession, sa race ou de sa fallacieuse apparence. Je te prie d’oublier ce que je t’ai confié, car seul le beau—beauté morale ou artistique—mérite l’hospitalité de ta mémoire d’homme fier. A mon tour, je te confie mon amitié et espère de tout cœur recevoir régulièrement tes messages auxquels je serai—c’est promis—fidèle.* *Je quitte Fribourg le 29 sept., mais ne puis encore t’annoncer ma nouvelle adresse, car je vais habiter un quartier tout neuf à peine termine. Ecris-moi la prochaine fois encore à Fribourg. Les PTT feront suivre mon courrier à St-Maurice. Bien à toi, M. Terrapon The first comment on this post is my translation of the above into English.
D’un lettre de Michel Terrapon, St-Maurice, le 25-4-62 : …Enfin, passons et venons-en aux grandes nouvelles : « La Villa St-Jean » fermes ses portes. L’équipe que tu as connue là-bas s’en va. Seul Monsieur Moran reste. Cela t’étonne. C’est que les Marianistes vont faire de la Villa une « high school » américaine, et catholique bien sur. Nous avons donc, toi, moi et les autres survécus à cette maison. Sais-tu ce que les élèves donnent comme raisons à cette déroute ? En parodiant le signe de la croix catholique, ils disent : Ils ont fermé « au nom du pèze, du fric et du saint Bénéfice » ! C’est par Valarche eue je l’ai su, indirectement. Valait-il la peine de se payer des faux témoignages l’an dernier pour en arriver là. Quand a moi, je me réjouis et le regrette tout a la fois. Je me réjouis de voir ces salauds payer pour toutes leurs fautes et leurs actes imbéciles. Je regrette de voir la France perdre un point d’attache. Du reste, cette année encore, Monsieur Pierre-Henri Simon, professeur a l’Université, retourne en France et Monsieur Henri Guillemin, attaché culturel de France, quitte aussi son poste. Ce sont deux grands hommes que j’estimais, qui nous avaient aides contre le crapaud, et ils s’en vont. Décidément, il faut s’habituer à vivre sa vie toute chargée de regrets.
The first comment on this post is my translation of the above into English.
Michel Terrapon was an artist and a teacher at the French Villa, and later assistant director of the Musée d'Art et d'Histoire de Fribourg. It suddenly occurred to me to look through the letters I had received from him, and I found the above.
Grammaire Latine Complete. J. De Gigord, Editeur. Paris.
La Grammaire Nouvelle et le Francais. Classes de 4e et de 3e des Lycees et des Colleges et des cours complementaires. Ferdand Nathan, Editeur. Paris.
Moyen Age: Les Grands Auteurs Francais du Programe.
Collection Deutschland IV: Land und Leute (Classe de Troisieme). Masson et Cie, Editeurs. Paris.
Cours D'Histoire Jules Isaac: Le Moyen Age, Classe de Quatrieme, Programmes de 1957. Classiques Hachette, Paris.
Les Lettres Latines, Cesar et Salluste. Edition de l'Ecole. Paris.
Nouveau Traite d'Analyse Grammaticale et Logique A L'Usage De L'Enseignement du Second Degre. Les Editions de l'Ecole. Paris.
Sciences Naturelles: Hygiene. 3e. Classiques Hachette. Paris.
Langenscheidts Schulworterbuch Franzosisch: Franzosisch-Deutsch/Deutsch-Franzosisch. Berlin.
Dictionnaire Latin-Francais. Librairie A. Hatier. 8, Rue D'Assas.
This hardly suggests an almost complete transition to an American curriculum.
Here's a translation of the relevant parts of the letter: … What you told me about your difficulties at the... read more
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